37e Festival International de l’Abbaye de Sylvanès

37e Festival International de l’Abbaye de Sylvanès
Lieu: 
Abbaye de Sylvanès
Dates: 
Dimanche, 13. Juillet 2014 - 17:00 - Dimanche, 24. Août 2014 - 20:00
Tarifs et informations complémentaires: 
Prix des places : de 12 €(réduit) à 30 € (plein) selon concerts et réductions - Forfait possible pour 2 concerts du dimanche - Gratuité pour les moins de 13 ans. - Prix des repas du festival : 16 €.
Organisateur: 
Catégories: 

C’est le thème « Fraternités » qui donne cette année le ton du programme de la 37e édition du festival international de l’abbaye de Sylvanès.

Du 13 juillet au 24 août, trente concerts animeront les voûtes de l’abbatiale cistercienne.

Le grand répertoire sacré choral et orchestral comme fil directeur.

Fidèle au répertoire sacré choral et instrumental qui a fait sa renommée, le festival international de l’abbaye de Sylvanès accueillera cette année le réputé Chœur du New Collège d’Oxford. L’incontournable du répertoire médiéval, le Livre Vermeil de l’abbaye de Montserrat, sera interprété sous la direction de Bruno Bonhoure par l’ensemble La Camera delle Lacrime pour emmener l’auditoire au beau milieu du populaire pèlerinage de Catalogne. L’ensemble vocal et instrumental Antiphona proposera, entre autres, le célébrissime Te Deum de Charpentier et d’autres œuvres du répertoire baroque méridional sous la direction de Rolandas Muleika. Jean-Michel Hasler dirigera les Vêpres pour l’Assomption de la Vierge de Vivaldi et Michel Piquemal la Messa di Gloria de Puccini. Omo Bello, jeune étoile de la scène lyrique, lauréate du prestigieux premier prix du « Concours international d’Opéra de Paris » chantera le bel canto, accompagnée du talentueux Clément Mao-Takacs au piano.

Une messe Jazz et des pièces inédites.

Cette édition jouera des notes originales. La Messe Jazz de Vytautas Miškinis, compositeur lituanien contemporain, une nouvelle création de la populaire Misa Criolla d’Ariel Ramirez et l’étonnante Misa Tango de Martín Palmeri marqueront le festival d’accords uniques. Les mélomanes se réjouiront à l’écoute de pièces inédites : l’ensemble La Main Harmonique donnera les Sacrae Cantiones restitués de Carlo Gesualdo. L’œuvre du maître de la Renaissance, qui nous était parvenue incomplète, dialoguera avec une composition de Caroline Marçot commandée par La Main Harmonique. Mora Vocis, chœur uniquement féminin, chantera la musique de la grande femme de lettre et mystique du Moyen Âge, Hildegarde von Bingen.

La rencontre de cultures du monde entier.

Cette 37e édition rapprochera les cultures les plus diverses. Le public sera tour à tour transporté d’Inde en Europe centrale avec les voix tsiganes d’Urs Karpatz, de Russie en Syrie avec le chœur Sirine de Moscou et Les Derviches Tourneurs de Damas. Les derviches soufis sont particulièrement connus pour leur tournoiement extatique au son du daf, du oud, des récitations religieuses. Des danses plus légères seront au rendez-vous avec les artistes de 4 Tangos pour une noche del tango et avec Los D’Endacom pour le bal traditionnel occitan de clôture. Le voyage se poursuivra sur l’Ile rouge avec l’orchestre Ny Malagasy de Madagascar qui ressuscitera des musiques traditionnelles. Sans oublier l’ensemble corse A Vuciata et le chœur d’hommes basques Vox Bigerri qui uniront leurs voix pour le concert de clôture sous le signe de la Fraternité.

Antiphona

  • Solistes, ensemble vocal et instrumental
  • dir. Rolandas Muleika
  • De Profundis de André Campra, Fanfares de Jean-Joseph Mouret Te Deum de Marc-Antoine Charpentier

Dimanche 13 juillet, 17 h

Le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier constitue une œuvre mondialement connue. Générique du concours de l’Eurovision, hymne du tournoi des Six-Nations, l’œuvre au ton « joyeux et très guerrier » selon le compositeur, écrite pour une victoire du Roi-Soleil, est le point d’orgue de ce concert d’ouverture. Le De Profundis d’André Campra fait partie du programme : l’œuvre impressionne et rend admirablement la profondeur du psaume 130. Les Fanfares de Jean-Joseph Mouret, suite pour trompettes, timbales, violons et hautbois font parfaitement transition avec le Te Deum final.

Conformément à sa vocation, l’ensemble vocal et instrumental Antiphona met ici en valeur la musique baroque, en restitue l’image sonore et l’esthétique pour le public d’aujourd’hui. Attaché depuis plusieurs années à diffuser auprès du plus grand nombre un vaste répertoire d’œuvres allant de la musique médiévale à la création contemporaine, l’ensemble Antiphona a la particularité, ces dernières années, d’exhumer des œuvres inédites ou oubliées des XVIIe et XVIIIe siècle. Les pièces d’André Campra et Jean-Joseph Mouret font partie de ce répertoire baroque méridional auquel l’ensemble est attaché. Reconnu pour la qualité de ses choix artistiques et de ses créations musicales, Antiphona se produit tant sur le territoire de Midi- Pyrénées qu'à l'échelle nationale.

Ensemble Vocal Unité

  • dir. Christian Nadalet
  • Messe Jazz dite Light Mass, de Vytautas Miškinis, Camille Saint-Saëns, quatre pièces a cappella, Eric Whitacre, deux pièces a cappella

Lundi 14 juillet, 17 h

L’alliance jazz - spiritualité dans la Light Mass de Vytautas Miškinis (1954-) marquera très certainement le festival d’une note inédite. C’est la Fédération internationale de Musique Chorale qui a commandé la messe « jazz », Light Mass, au compositeur lituanien. L’amour de la voix est l’âme Vytautas Miškinis, qui combine des talents de compositeur, chef de chœur, pédagogue. Dans cette œuvre empreinte des idéaux universels de fraternité, le compositeur accorde à la liberté rythmique des musiques traditionnelles, la pulsation vitale du jazz. Tempo obsédant, mélodie inspirée et sens profond de la vocalité entraînent un dialogue entre le chœur et le brillant quartet instrumental – piano, accordéon, contrebasse et batterie.

Les pièces d’Eric Whitacre (1970-) mériteront la plus grande attention. Compositeur américain apprécié notamment pour sa musique chorale, il s’inspire du poème d’Edward Esch pour Lux Aurumque : « Lumière, chaude et lourde comme l’or pur, et les anges chantent doucement pour l’enfant nouveau-né ». Les voix « a cappella » se développeront sous les voûtes de l’abbatiale et l’auditeur sera plongé dans une méditation libre et aérienne.

La poésie s’élèvera encore par les pièces « a cappella » de Camille Saint-Saëns (1835-1921). La romance du soir, Les fleurs et les arbres chanteront le pouvoir de la nature, le rôle de l’art pour l’illuminer. Dans la nuance de pianissimo du Calme des nuits c’est le silence qui se révèlera magnifiquement.

Récital

  • Omo Bello, soprano
  • Clément Mao-Takacs, piano
  • Bel canto d’hier et d’aujourd’hui

Samedi 19 juillet, 21 h

La jeune soprano franco-nigériane a un destin hors du commun. En janvier dernier, la jeune femme à la voix d’or a obtenu le prestigieux 1er prix du « Concours international d’Opéra de Paris » puis une nomination aux Victoires de la Musique Classique dans la catégorie « révélation lyrique de l’année ». Déjà engagée dans des premiers rôles pour des productions à Reims, Toulouse, Tours, au Théâtre des Champs Elysées à Paris, elle sera en juin 2014 Violetta dans La Traviata à l’Opéra national de Montpellier. Rien ne destinait cette femme de 29 ans à devenir une étoile montante de la scène lyrique, si ce n’est sa passion depuis toujours pour le chant. Elle obtint son diplôme de biologie cellulaire et génétique à Lagos avant de partir à 21 ans en France pour travailler sa voix. D’abord au conservatoire de Toulouse puis au CNSM de Paris. « C’est une très belle voix, naturelle, avec tout ce que sa culture africaine peut apporter de chaleur et de timbre cuivré », selon Michel Wolkowistky, auprès de qui elle vient régulièrement perfectionner son art au sein de l’abbaye de Sylvanès.

Le Chœur du New College d’Oxford

  • Dir. : Edward Higginbottom
  • La Gloire des Maîtrises en Europe à travers les siècles

Dimanche 20 juillet, 17 h

La maîtrise du New College d’Oxford est l'un des exemples les plus anciens et les plus illustres de la riche tradition chorale anglaise. Le recrutement et l’éducation des choristes est un usage établi depuis 1379. Depuis ce jour, la belle chapelle du XIVe siècle du New College, la plus grande d’Oxford, a vu défiler six siècles de chant sacré. Après la Réforme, la liturgie fut considérablement simplifiée, mais cet allègement du nombre d’offices est aujourd’hui largement compensé par le nombre important de concerts et d’enregistrements. Le Chœur, comprenant une trentaine de chanteurs, a acquis un timbre et un style immédiatement reconnaissable, notamment grâce aux fameux petits chanteurs qui interprètent les aigus de la partie soprane.

Le Professeur Edward Higginbottom dirige avec élégance et délicatesse. Il est à la fois excellent musicien et vrai pédagogue. Depuis sa nomination en 1976 comme Directeur Musical, Edward Higginbottom a transformé le Chœur de New College en un des interprètes les plus performants des musiques renaissance et baroque. Ces dernières années ont vu paraître les Vêpres de la Vierge de Monteverdi, la Passion selon St. Jean de Bach et le Messie de Haendel, ainsi que des disques de musique du XXe siècle, dont la musique sacrée de Benjamin Britten.

Urs Karpatz

  • Musiques et chants traditionnels des Tsiganes du Monde

Dimanche 20 juillet, 21 h

Les « Ours des Carpates » produisent une musique tsigane virtuose. La prestance des voix, l’énergie du cymballum (ou piano tsigane), la rythmique vive, la souplesse de la clarinette, communiquent facilement au public émotion ou énergie. Accordéons, contrebasses, cithare, percussions, violons, taragote, saxo et flûte, complètent l’équipée entraînante pour un voyage musical. Urs Karpatz dévoile les facettes de la tradition tsigane venue du Nord de l’Inde jusqu’en Europe centrale et orientale, installée en Russie, Turquie, Egypte, Arménie, et interprète des compositions plus personnelles. Chaque individualité du groupe nourrit le métissage, le pluralisme vocal et musical de l’ensemble. Les chants lents (laki ghili) ou les chants festifs à danser (maki ghili) font écho à leur culture, interprétés en langue romanès, la langue tsigane.

Epris de liberté depuis son plus jeune âge, Dimitri, le leader franco slave du groupe, se passionne pour la vie de ses voisins nomades. C’est en 1993 que Dimitri, après avoir été un temps montreur d’ours, fonde Urs Karpatz avec des comparses fiers de leur culture « romani ». En août 1993, ils donnent leur premier concert aux Nuits tsiganes de Saint-Raphaël. C’est un succès et peu à peu le groupe s’étoffe. Les membres sont d’origine ukrainienne, hongroise et roumaine. En novembre 2000, ils reçoivent le prix Romanes pour leur album enregistré aux Saintes- Maries-de-la-Mer : Routes et Racines. Depuis, ils ont encore enregistré 7 albums, jusqu’à Retour aux sources en 2013.

La Camera delle Lacrime

  • Livre Vermeil de l’Abbaye de Montserrat - Chants et Danses des Pèlerins

Dimanche 27 juillet, 17 h

Le Livre Vermeil de Montserrat constitue un ouvrage incontournable de la littérature musicale médiévale. Pour rendre intelligible un épisode du Moyen Âge, le raconter au public d’aujourd’hui, un patient travail avec des musicologues, des recherches en bibliothèques ont été nécessaires pour le chantier artistique mené par la Camera delle Lacrime.

C’est en Catalogne, dans l’abbaye de Montserrat, l’un des grands lieux de pèlerinage de l’Espagne médiévale que le manuscrit du Livre Vermeil est conservé. Copiés vers la fin du XIVe siècle, les textes et musiques tirés du recueil étaient destinés aux pèlerins qui se réunissaient pour chanter toute la nuit avant l’arrivée de la Vierge noire au matin dans l’église du sanctuaire.

L’ensemble La Camera delle Lacrime, référence en matière de musiques anciennes, poursuit avec ce projet sa lecture des grandes chansons de pèlerinage en accomplissant un vœu : celui d’associer, sur scène, des musiciens amateurs au sein d’une représentation professionnelle. Les chanteurs sont accompagnés d’instruments anciens : flûte, vièles, tambours, psaltérion, tympanon.

Le travail musical se double d’une démarche scénographique sous la direction artistique de Khaï-dong Luong. Artiste protéiforme, Khaï-dong Luong mêle performances, musique, vidéo et photographie dans ses créations. Sa vision contemporaine de l’interprétation des musiques anciennes l’emmène à considérer de nouveaux modes de transmissions, entre approche conceptuelle et émotionnelle.

Noureddine Khourchid et les Derviches Tourneurs de Damas (Syrie)

  • Nuit soufie : chants et danses de Damas

Dimanche 27 juillet, 21 h

Comment ne pas se laisser emporter dans le mouvement giratoire des derviches soufis ? Comment ne pas se trouver fasciné par le tournoiement de leur robe blanche qui se déploie dans la danse ? Cette image fait partie de l’imaginaire collectif, mais les significations de cette pratique restent inconnues pour les non-initiés.

Lorsqu’ils s’organisèrent en confréries soufies au début du IXe siècle, les mystiques musulmans adoptèrent la musique comme moyen d’accéder à l’extase ou simplement de régénérer le corps et l’esprit fatigués par l’ascèse. Les cérémonies des derviches font appel à un répertoire musical particulier, alliant compositions vocales et instrumentales dans des cycles rythmiques contrastés. Les compositions les plus anciennes datent du milieu du XVIe siècle, mêlent des traditions musicales persanes et turques. Le danseur tourne d’abord lentement puis de plus en plus rapidement, jusqu’à atteindre l’exaltation durant laquelle il déploie les bras, la paume de la main droite dirigée vers le ciel, celle de la main gauche dirigée vers la terre. Cette danse chargée de symboles de vie, de résurrection, d’ordre cosmique, fait unité avec le rythme des percussions (daf et riqq), le chant des cordes du oud, se fond dans les voix profondes des récitations religieuses.

Ensemble Chronochromie, Jeune chœur du Limousin - Ensemble instrumental et Chœur féminin de l’Académie Baroque

  • Vêpres pour l’Assomption de la Vierge de Antonio Vivaldi

Dimanche 3 août, 17 h

Les Vêpres pour l’Assomption la Vierge provoquent des images romanesques. Dans la Venise du XVIIIe siècle, l’Ospedaletto de Venise recueille des jeunes orphelines et leur assure une éducation musicale de haut niveau. Les filles de l’hospice accompagnent chaque soir les Litanies à la Vierge, ainsi que les Messes et Vêpres du dimanche. Derrière la clôture du chœur de l’Eglise de la Piétà, une quarantaine de jeunes filles « jolies au possibles », vêtues de blancs comme des comédiennes romaines, des fleurs dans les cheveux, chantent comme des anges et jouent toutes sorte d’instruments. On se bouscule pour venir les entendre, et des travaux sont menés dans l’église pour construire deux tribunes latérales afin de diviser les jeunes filles en deux chœurs et orchestres.

C’est pour elles qu’Antonio Vivaldi compose Les Vêpres de la Vierge. De 1713 à 1717, le maître de chœur en titre ayant quitté Venise, Vivaldi est chargé d’écrire les œuvres destinées aux concerts mais aussi aux offices. Il compose durant cette période Les Vêpres de la Vierge pour chœur simple puis double chœur. Le texte est tour à tour majestueux et trépidant. Exprimant des images souvent très fortes, Vivaldi nous livre une musique contrastée, conformément au concept baroque de discontinuité. Dialogue des deux chœurs, emprunts à la polyphonie, mélodie fluide de la voix sur basse continue, jeu concertant des voix entre elles, les pièces ont des couleurs d’éternité.

Ny Malagasy Orkestra

  • Dir. : Justin Vali
  • Chants et Musiques Sacrées de Madagascar

Dimanche 3 août, 21 h

L’orchestre Ny Malagasy Orkestra fait vivre sur scène un répertoire inspiré par les traditions séculaires de la Grande Ile. Ils ont parcouru la brousse des Hauts Plateaux de Madagascar pour récolter les musiques des anciens, retrouver les rares interprètes en mesure de jouer certains instruments : le jejo voatavo (un luth-calebasse joué pour les récitations de contes, satires ou lors les fêtes), le violon lokanga du pays Antandroy, le kabôsy (luth court joué par les bouviers) etc.

En partenariat avec un ethnomusicologue, Victor Randrianary, ils réhabilitent des modes d’expression propres à Madagascar : le rare yodel des Mikea (peuples de la côte Ouest), la musique des rituels de possession du Sud ou les voix Antanosy à la couleur orientale. Il y a encore les polyphonies Zafindraony de 5 à 8 voix, et les polyphonies de brousses. Le tout, réinventé, offre une riche palette de sonorités, rythmes, tessitures. Récemment, le groupe a entamé un travail d’exploration des formes vocales liées au religieux et au sacré. La diversité des pratiques religieuses et le métissage qui caractérise Madagascar justifie l’intérêt de leur démarche nouvelle.

Chacun des neuf chanteurs instrumentistes apporte au groupe sa sensibilité, son histoire musicale et spirituelle personnelle. Dirigé par Justin Vali, Ny Malagasy est un creuset au sein duquel les traditions musicales malgaches sont partagées, réécrites, pour porter leur message de solidarité et d’entraide.

Emilie Boudeau, Sophie Hanne, Sabine Liguori-Delmas

  • Récital Duetto Gracioso
  • Monteverdi, Pergolèse, Vivaldi, Mozart, Rossini, Mendelssohn, Dvorak…

samedi 9 août, Prieuré de Comberoumal,17 h

De « gracieuses » musiciennes vous invitent, entre duo et solo poignants, à un voyage musical à travers les grands noms de la musique lyrique. Elles se glissent avec vivacité dans les habits successifs des amants Néron et Poppée pour le sublime duo final du Couronnement de Poppée, des sœurs Olga et Tatiana d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski, des femmes éplorées par la mort du Christ du Stabat Mater de Pergolèse. Les voix soprano et alto s’y fuient, s’enlacent, se retrouvent dans de subtiles dissonances, portées par une marche rythmique douloureuse. Les deux solistes savent exprimer les multiples couleurs que l’œuvre de Pergolèse revêt. Avec talent elles nous emportent ensuite dans les sphères poétiques et mélancoliques de l’Herbstlied de Mendelssohn, La nuit de Chausson, El Desdichado de Saint-Saëns ou « chanson espagnole à deux voix ». L’amour dans toutes ses nuances, religieuse ou profane, relie ces airs tour à tour passionnés, recueillis et douloureux.

Sophie Hanne, mezzo-soprano. C’est par le violoncelle à l’âge de 7 ans que Sophie Hanne commence ses études musicales. A 19 ans, elle entre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Boulogne-Billancourt. Aujourd’hui en fin d’études, elle participe à de nombreux concerts et ateliers lyriques, donne des récitals avec la pianiste Katia Weiman et chante dans l’ensemble Vocal Michel Piquemal. Elle est lauréate du concours de mélodie Les saisons de la voix à Gordes en 2011

Emilie Boudeau, soprano. C’est l’une des perles de l’Atelier Lyrique de Sylvanès. Elle débute ses études musicales par le piano au conservatoire national de l’Aveyron, puis intègre la classe de chant. Elle entre dans le Groupe vocal et l’Atelier Lyrique d’« Opéra Junior » à l’Opéra de Montpellier et s’y produit régulièrement. Elle suit depuis 2003 l’enseignement de Michel Wolkowitsky à Sylvanès. Elle entre en 2011 au Conservatoire de Montpellier en fin d’études de chant, dans la classe de Nicolas Domingues et remporte en 2013 le premier prix du concours lyrique les Clés d’Or.

La Main Harmonique, Ensemble vocal et instrumental

  • Dir. : Frédéric Betous
  • Sacrae Cantiones de Carlo Gesualdo

Samedi 9 août, 21 h

C’est un véritable évènement musical que la « restauration » d’un monument de la musique tel que le livre des Sacrae Cantiones de Gesualdo, à VI et VII voix. Le patient travail de recherche effectué en 2013 au Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance (CESR) de Tours a permis une redécouverte fidèle de l’œuvre de Carlo Gesualdo. Le livre des Sacrae Cantiones du grand seigneur compositeur (1566-1613) avait connu le sort de nombreuses œuvres polyphoniques de la Renaissance. Edité en « parties séparées » (une partition pour la basse, une pour le ténor etc.), un grand nombre de ses parties avaient été dispersées par le temps puis définitivement perdues.

Carlo Gesualdo, fascinant compositeur de la Renaissance, prince ténébreux qui a assassiné sa femme et son amant, puis s’est retiré dans son château, perclus de nombreux maux, a laissé une profonde impression avec ses œuvres, notamment ses madrigaux. Au terme de sa vie, il se consacra à la production d’œuvres religieuses dont les Sacrae Cantiones font partie. Dans ce livre, qui n’est pas destiné au cadre liturgique, le compositeur fait preuve d’une grande liberté et de maîtrise des techniques savantes. « Encore une preuve de l’incroyable ambiguïté de l’œuvre gesualdienne, tiraillée entre une conception visionnaire de l’expression musicale des affects et un attachement viscéral au langage polyphonique renaissant ».Catherine Deutsch in Carlo Gesualdo.

En écho aux Sacrae Cantiones, la Main Harmonique a passé commande à Caroline Marçot pour prolonger le dialogue entrepris avec l’œuvre de Gesualdo. A partir d’un choix de textes spirituels, la compositrice offre avec Ma une vue complémentaire à celle du maître de la Renaissance. Caroline Marçot, chanteuse lyrique et passionnée de polyphonie, compose des œuvres vocales et instrumentales. Ses influences sont larges et comprennent notamment les polyphonies du Moyen âge et de la Renaissance, mais aussi le chant grégorien ou la musique de J.S. Bach. Son activité de chanteuse l’inscrit régulièrement dans la saison de plusieurs chœurs de chambre aux répertoires éclectiques.

Ensemble La Chimera

  • Chœur de chambre de Pampelune
  • Misa Criolla, Misa de Indios d’Ariel Ramirez

Dimanche 10 août, 17 h

La Misa Criolla d’Ariel Ramirez est une messe composée en 1964 : une messe aux rythmes, thèmes et instruments traditionnels des Andes. S’appuyant sur les genres folkloriques tels que la chacarera, le carnavalité et l’estilo pampeano, elle est célèbre dans le monde entier.

L’ensemble La Chimera propose une adaptation nouvelle et originale de la Misa Criolla dans un arrangement d’Edouardo Egüez. Il renforce les timbres typiquement andins et maintient le dialogue avec les instruments joués de manière classique : le violon, la harpe, le consort de violes de la Renaissance (un des éléments sonores qui font la particularité de cette version) et les instruments baroques.

L’ensemble de musique ancienne La Chimera (composé principalement d’artistes argentins) et son chef Eduardo Egüez ont voulu la combiner la Misa Criolla avec des mélodies précolombiennes, des musiques populaires de la période coloniale et des compositions modernes inspirées par le folklore andin. Cette « Messe des Indiens » illustre le processus de syncrétisme religieux et « d’interaction entre les cultures musicales aborigènes et les traditions hégémoniques européennes » (Javier Marín López).

« Ce projet montre la créativité et la sensibilité artistique de la Chimera et souligne de manière catégorique l’une des principales caractéristiques de la musique andine en particulier et latino-américaine en général, qui est son caractère de médiateur privilégié entre passé et présent, entre rural et urbain, populaire et cultuel, oral et écrit, monodie et polyphonie, hispanique et andin », Javier Marín López, Université de Jaén.

Chœur Sirine de Moscou

  • Chants polyphoniques sacrés et traditionnels du Pays basque

Dimanche 10 août, 21 h

Fondé en 1989 à Moscou par Andreï KOTOV, le Chœur Sirine s'est constitué dans le but de redécouvrir le riche patrimoine du chant spirituel russe du XVe au XVIIe siècle : chants liturgiques et chants sacrés d’expression populaire. Sirine est aujourd'hui la formation vocale russe "la plus authentique et la plus originale". Le Chœur se démarque en s’intéressant à un répertoire oublié. Cette démarche a très vite rencontré un écho en Russie et à l'étranger. Le Chœur a été récompensé à l'occasion de plusieurs concours internationaux de chant à Moscou et en Pologne (à Wroklaw en 1990 et Hainuwka en 1991). Donnant des concerts dans toute la Russie, le Chœur effectue également de grandes tournées en Allemagne, Pologne, Suisse, France et Hongrie. Le Chœur Sirine a obtenu le Diapason d’Or en 1994 pour son premier enregistrement « Chants spirituels du peuple russe ». Pour ce concert à Sylvanès, le chœur interprètera deux programmes : les chants des Ecoles de Moscou, Novgorod et Yaroslavl du XVIe au XVIIe siècle puis des chants liturgiques et des chants sacrés d’expression populaire.

Les membres du Chœur, hommes et femmes au nombre de 15, à la fois choristes et instrumentistes de talent, tous issus du Conservatoire Tchaikovsky ou de l'institut Gnessine de Moscou, se sont spécialisés dans l'interprétation et le déchiffrage des anciennes musiques orthodoxes. La difficulté d'interprétation de cette musique vient d’un système de notation complexe et de l’acquisition du style de chant ancien. Les chanteurs du Chœur sont en relation avec les chercheurs du Musée Central Andreï Roublev, spécialisés dans l'étude de la culture russe ancienne, et effectuent d'autre part un important travail de recherche sur le terrain pour retrouver l'authenticité de ce style de chant auprès des porteurs de la tradition. La présence durant la tournée du Maître Sonneur de la Ville de Yaroslavl, Vladimir Degtiarev, associe aux voix du chœur la tradition millénaire des cloches d'une des plus anciennes villes de Russie : Yaroslavl, Cité de "l'anneau d'or" aux 100 clochers, a été fondée il y a 1000 ans. Elle est célèbre par ses Maîtres Sonneurs de cloches qui continuent de faire chanter les carillons de l'ancienne Russie.

Les Concerts de la 25e Académie de Chœurs et d’Orchestre

  • Dir. : Michel Piquemal
  • Messa di Gloria , Requiem à la mémoire de Verdi de Giacomo Puccini

Vendredi 15 août, 17 h

Le nom de Puccini évoque automatiquement Madame Butterfly ou La Bohème. Sa Messa di gloria, brillante partition écrite par un Puccini de 20 ans pour son examen de sortie du conservatoire est, à tort, moins connue. La Messa a quattro voci (messe à quatre voix), souvent appelée Messa di Gloria, est une Messe complète pour orchestre et chœur mixte avec solistes ténor et basse. La Messa di Gloria, au ton alerte et juvénile, s’ouvre avec élégance sur un Kyrie empreint de douceur. Le jeune Puccini conclut avec un Agnus Dei presque dansant. Le court Requiem rend hommage à Giuseppe Verdi, décédé quatre ans plus tôt. L’alto donne une couleur nostalgique à cette pièce composée pour chœur à voix mixte, orgue et violon alto.

Une personnalité hors norme caractérise le chef d’orchestre Michel Piquemal, dont le charisme rayonne sur chaque concert qu’il dirige. Aussi chanteur et chef de chœur, Michel Piquemal a une carrière des plus brillantes. Il s'est tout d'abord produit comme baryton solo et a enregistré de nombreux disques. En 1978, il fonde l'Ensemble Vocal Michel Piquemal avec lequel il crée des œuvres de Jacques Castérède, Kamillo Lendvay, Marcel Landowski, Jean Guillou et Jean-Louis Florentz entre autres. Après avoir été l'assistant de Jacques Jouineau ainsi que professeur de chant à la Maîtrise de Radio France, il enseigne jusqu'en 1994 au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et, jusqu'en 2012, au conservatoire du 18e arrondissement de Paris dans les classes de chant et d'orchestre. Michel Piquemal a remporté les victoires de la Musique Classique en 1996, et 1998, pour deux enregistrements (L’intégrale de la musique sacrée de Maurice Duruflé et le Roi David d’Honegger). Il dirige plusieurs formations reconnues dont le Chœur Régional Vittoria d’Ilede- France, le Chœur Régional Provence-Alpes-Côte-D’azur et l’Académie Internationale de chœur et d’orchestre du Festival de Sylvanès.

Mora Vocis, voix solistes au féminin

  • Histoires de Souffles

Samedi 16 août, 21 h

Inspirées par un souffle médiéval, les voix solistes « au féminin » de Mora Vocis partent sur les traces d’une musique d’antan en dialogue avec des compositions contemporaines. Elles apprécient particulièrement la musique composée par des femmes et pour des femmes. Attentive au corps et à l’espace, les chanteuses de Mora Vocis, vêtues de somptueuses robes, créent sur scène un espace poétique très personnel, grâce à l’interprétation sans partitions et une scénographie adaptée à chaque lieu de concert. Circassiens, comédiens ou danseurs prolongent parfois le mouvement chanté. Depuis 2010, Mora Vocis est placé sous la direction artistique de la chanteuse Els Janssens-Vanmunster. Mora Vocis anime régulièrement des stages vocaux ouverts à tous ou réservés aux professionnels, notamment au sein de l’abbaye de Sylvanès.

Histoires de Souffles – chants poétiques autour de l’œuvre de Hildegard von Bingen, est une création de 2011 de Mora Vocis qui fait aussi l’objet d’un stage animé au sein de l’abbaye de Sylvanès. S’y rencontrent les chants médiévaux envoûtants de Hildegard et les pièces contemporaines des compositeurs Klaus Huber, Petr Eben, Ivan Moody, qu’elle a inspirés.

Hildegard von Bingen, est une figure emblématique du Moyen Âge au féminin. Abbesse bénédictine, mystique, visionnaire, femme de lettre, compositrice, ses monodies sont des hymnes à l’amour, la vie, la fécondité, la femme. Plus de 800 ans après, les compositeurs Klaus Huber, Petr Eben, Ivan Moody… se sont laissés portés par cette musique hors du temps dont ils nous livrent un regard contemporain. Les textes sont adaptés de la correspondance et des traités d’Hildegard.

Ensemble Vocal Michel Piquemal

  • dir. Michel Piquemal
  • Misa Tango de Martín Palmeri

Dimanche 17 août, Sylvanès, 17 h

lundi 18 août, rodez, 21 h

La Misa Tango et les autres œuvres chorales choisies par Michel Piquemal impressionnent immédiatement le public. La Misa Tango saisit par sa mélancolie et son cœur de tango, par l’émotion et le drame sud-américains. Palmeri réussit dans sa messe l’extraordinaire symbiose entre musique sacrée et tonalités latino-américaines, entre messe traditionnelle et rythmes tango, entre classicisme et émotions. La diversité des mélodies, à la fois entraînantes, rapides, expressives, la polyphonie savante, la richesse des timbres instrumentaux, en font une œuvre unique. On entend à la fois des éléments de pop, des motifs des chants sacrés traditionnels, et des harmonies savantes inspirées de Haendel. Le bandonéon, une forme d’accordéon, est joué en soliste, accompagné du Chœur, des Soprani, d’un piano et de l’orchestre de cordes.

C’est un élève de Piazzolla qui enseigna à Martín Palmeri la composition. L’influence du Tango Nuevo et de Piazzolla, considéré comme le plus grand compositeur pour le tango de la deuxième moitié du XXe siècle, se font indéniablement sentir dans cette messe. La « Misa Tango » l’une des œuvres les plus importantes de Palmeri fut représentée pour la première fois en 1996.

Avec Carlos Guastavino, l’ensemble vocal Michel Piquemal s’empare de l’œuvre d’un autre grand compositeur argentin. Né en 1912 à Santa Fe, Guastavino s’illustra par ses œuvres pour la voix : les pièces Indianas pour chœur et piano sont aussi au programme de ce concert.

« Passion Argentine ! »

  • La Noche del Tango, Chants, musiques et danses

Dimanche 17 août, 21 h

Par sa magie musicale, le groupe réuni spécialement pour cette « noche del tango » nous transporte au cœur des tangos chantés et instrumentaux des faubourgs du Buenos Aires au XIXe siècle. Les danses folkloriques : valses, milonga, zamba et chacarera, alternent avec le tango et complètent la spirale étourdissante. La zamba, est à la fois une danse de séduction et un véritable roman dont les paroles évoquent poétiquement l'amour, les drames, la dureté de la vie rurale argentine... Les hommes et les femmes se font face, de légers mouchoirs blancs les relient seulement par moments. Dans un autre style, le Malambo, danse virile des « Gauchos », nous fait remonter à la Pampa profonde en 1600, quand les gardiens de troupeaux se retrouvaient dans des joutes rythmées par le martèlement des talons et le son des bombos (tambours). Le spectacle 4 Tangos relie les compositions des grands maîtres du tango, d’Astor Piazzolla, le créateur du tango nuevo, à Anibal Troilo et les différentes expressions du folklore argentin d’Atahualpa Yupanqui ou de « Cuchi » Leguizamon.

A Vuciata et Vox Bigerri, Cor d’omes de Bigorra

  • Chants sacrés et traditionnels : Corse, Pyrénées, Pays basque, Catalogne

Dimanche 24 août, 17 h

Sous le signe de la Fraternité, deux ensembles se produiront en un concert commun pour conclure en beauté le 37e festival Musiques Sacrées – Musiques du Monde de l’Abbaye de Sylvanès. Les Corses et les hommes des Pyrénées feront vibrer le public pour un partage culturel sans modération.

A Vuciata, chœur mixte corse, mêle avec profondeur monodies et polyphonies en déroulant le fil de la vie d’un berger. Passages instrumentaux et chants se répondent à travers des sérénades, louanges, plaintes, berceuses, airs d’amour et de regret.

Jean-Pierre Giorgetti, leader d’A Vuciata, chanteur ténor, a été très tôt attiré vers ses origines et sa passion : les polyphonies corses. Il crée en 2003 une école qui leur est consacrée : la « Scola di cantu in Paghjella ». Il écrit, adapte, dirige les chants et polyphonies du groupe. Et sa voix « siconda » porte la mélodie.

Vox Bigerri exprime avec talent sa prédilection pour le répertoire polyphonique des Pyrénées (Bigorre, Béarn, Pays Basque et Catalogne) et de l’Occitanie (du Rouergue aux Landes). Choeur masculin composé de cinq chanteurs, créé en 2004, Vox Bigerri s’affirme comme l’un des groupes majeurs pour le

répertoire polyphonique traditionnel du sud de l’Europe. L’écrin de l’église de Conques a accueilli l’enregistrement de son dernier album, « Cap aus sorelhs » qui réunit douze chants sacrés.

Soirée de Clôture : Marché de Producteurs de Pays et Bal occitan

Dimanche 24 août, dès 19 h

Après un périple musical de 2 mois, l’Abbaye de Sylvanès va marquer la fin de son 37e festival international par un retour aux sources, gastronomique et musical.

Les organisateurs proposent une soirée de clôture gourmande et dansante. Les festivaliers et les touristes de passage à Sylvanès auront cette année encore, le plaisir de découvrir un marché de producteurs locaux dressé dans la prairie de l’abbaye. Grillades, pain frais, crêpes et confitures, fromages, miel et autres douceurs, tout sera réuni pour passer une soirée conviviale autour d’un banquet improvisé.

Après ce voyage culinaire au cœur des spécialités locales, le groupe Los d’Endacom nous entraînera dans la ferveur des chants, danses et musiques occitanes, pour une soirée chaleureuse, sous les guirlandes colorées qui illumineront le parvis de l’abbatiale.

Bal traditionnel occitan avec Los d’Endacom

Informations pratiques

Informations de contact: 

Par courrier : Secrétariat de l’Abbaye de Sylvanès,12360 SYLVANÈS
Par téléphone : 05 65 98 20 20 / Fax 05 65 98 20 25

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