Le silence des Hautes Terres

Le silence des hautes terres est le quatrième roman de Sylvie Baron.
SYLVIE BARON
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Le silence des hautes terres est le quatrième roman de Sylvie Baron.

Il vient après Les Justicières De Saint Flour, publié en 2012 et qui avait connu un succès remarqué.

La plupart des romans du terroir sont des récits du passé qui décrivent les métiers, les modes de vie, les comportements d’autrefois. Le projet de Sylvie Baron est de nous parler du Cantal d’aujourd’hui.

Professeur agrégé, grande lectrice et admiratrice en particulier d’Agatha CHRISTIE, elle choisit l’intrigue policière pour décrire la vie auvergnate de ce début du 21ème siècle, ses atouts, ses faiblesses, sa grandeur, ses misères.

L’aspect « policier » n’est en réalité qu’un prétexte pour installer un suspense captivant dans un récit contemporain qui met en valeur, avec une grande sensibilité, la psychologie des personnages et la sociologie dans laquelle ils évoluent.

C’est le talent de Sylvie Baron de savoir composer des romans qui nous parlent de nous et de nos vies, à travers des histoires imaginées, mais si proches de nos réalités.

Ce roman comme les précédents témoigne d’un amour du Pays qui restitue magnifiquement les émotions que nous ressentons tous devant la beauté et la lumière de nos paysages.

Sylvie Baron vit et écrit dans le Cantal, entre Aubrac et Planèze de Saint FLour.

 Le Silence Des Hautes Terres est bâti autour du vétérinaire de Neuvéglise disparu dans des conditions mystérieuses. L’illustration de ce métier de véto dans nos campagnes en 2013, la description de l’évolution de la vie des éleveurs, le portrait de personnages forts qui font le Cantal d’aujourd’hui et dessinent avec foi son avenir, sont les ingrédients de cette intrigue qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Les romans de Sylvie Baron sont disponibles en librairie ou chez son éditeur (Cf adresse en bas de page) et sur les sites de commande en ligne (Fnac, Amazon, Decitre, Le Chapitre,….).

L’auteur est également présente notamment dans les principaux salons de la région : Blanzat, Ruynes en Margeride, Laroquebrou, Limoges, Marvejols, Onet le Château, Firmi, Villeneuce sur Lot, Murat, Vic sur Cère,….

Nous présentons ci-dessous les bonnes feuilles du « Silence Des Hautes Terres»

Extrait 1

« Mais ce furent les vaches qui la firent craquer, un magnifique troupeau où Salers et Aubrac mélangées broutaient l’herbe jaunie d’un air nonchalant. Ces bêtes, douze ans qu’elle n’en avait pas vues autrement que sur l’étal d’un boucher ou dans une brasserie parisienne ! « Pure race Aubrac, Salers authentique » mais qui savait parmi ses amis ce que cela voulait vraiment dire ? Qui connaissait ces merveilleux yeux de femme fatale pour les unes et cette douce robe de velours pour les autres ? En douze ans elle n’en avait soufflé mot à personne et avait mâché ses steaks d’un air indifférent et vengeur, mais là, aujourd’hui, la beauté oubliée de ces vaches lui coupait le souffle et la renvoyait à des années en arrière, à ses origines et à tous ses souvenirs perdus depuis si longtemps. »

Extrait 2

« Avant d’arriver chez eux, elle ne disait plus chez elle, elle se permit cependant un dernier détour par le village de Cussac, elle voulait revoir son « confident ».

Drôle de confident d’ailleurs que ce poilu bleu revanchard du monument aux morts, que petite elle avait adoré. Il était bien là, fidèle gardien au carrefour des deux routes et criait toujours sa vengeance. Saisissant de vérité, et nulle part ailleurs elle n’en avait vu de semblable, revêtu de cette couleur bleue ardoise si particulière. Elle était tombée amoureuse de lui à dix ans, un jour de onze novembre au point de se perdre dans son regard sombre tandis que les élus énuméraient la longue liste sans fin des morts pour la France. Avec ses superbes moustaches conquérantes et sa droiture il représentait, pour elle alors, une certaine idée de justice et de réparation et dans l’innocence de la jeunesse elle avait été jusqu’à le saluer avant son départ pour se donner du courage. Aujourd’hui elle lui jeta un oeil sans concession et le trouva presque pitoyable, scotché pour l’éternité dans ce mouvement de bravoure inutile, mais en même temps elle se sentit ragaillardie et le salua d’un signe de tête, en souriant presque, car il semblait approuver la revanche qu’elle allait prendre. »

Extrait 3

« Comment ai-je pu dormir tant d’années dans cette pièce sans chauffage ? Et avec des draps rêches et une lourde couverture de laine en plus ! » Pensa t’elle en prenant un air supérieur. Aujourd’hui, les couettes moelleuses et les oreillers douillets avaient sa préférence. Or, tout ici n’était que rudesse, le paysage, les gens, le temps et jusqu’aux choses bénignes comme le linge de maison. On ne connaissait pas la douceur, à croire qu’elle risquait d’amollir les âmes. Et pourtant, elle ne risquait pas d’amollir la sienne, la soirée de la veille, de ce point de vue, avait bien tenu toutes ses promesses. Hier, sur le seuil, elle avait hésité un instant entre frapper comme une étrangère ou ouvrir la porte sans en demander l’autorisation. Et c’est cette option qu’elle avait choisie car elle ne voulait rien leur devoir. Le maire lui avait dit avoir fait le nécessaire pour les avertir de son arrivée mais il ne s’était pas appesanti davantage sur leurs réactions à cette annonce et elle ne douta pas un seul instant qu’elles aient été négatives. Malgré la télévision qui braillait, la pièce lui sembla silencieuse, dans cette grande salle de ferme où ils avaient vécu à six sans contrainte, il y avait toujours eu dans ses oreilles des bruits d’enfants, de casseroles, de vaisselle, de discussions, de rires et de feux de bois. La pièce lui paru immense et vide car les boiseries et les lits clos de son enfance avaient disparu, le coin cuisine était net, impersonnel, des placards avaient remplacé la vieille desserte en bois et un microonde trônait maintenant sur le coin de l’évier. Plus aucun feu ne brûlait dans la grande cheminée de basalte mais un radiateur électrique était branché près du canapé. C’était bizarre, elle n’avait jamais imaginé le vieux cantou sans braise et sans piles de bois autour. Il était bien trop propre et lui fit une impression de publicité glacée vantant un faux style campagnard. »

Extrait 4

« D’emblée il plut à Lise car il lui avait serré la main en présentant des condoléances sincères et en prononçant un hommage chaleureux de Simon qui l’avait accueilli, lui qui venait du nord, en lui apprenant les spécificités de ce métier de vétérinaire de montagne et en lui faisant découvrir la beauté de ce pays.

-J’aime beaucoup ce coin, j’y suis attaché maintenant, conclut-il et je crois que j’aurai vraiment du mal à repartir. Une chose est sûre et cela je l’ai bien compris, je ne suis pas fait pour être vétérinaire en ville et même ici, cela ne m’intéresse pas de vacciner les chiens et les chats, c’est plutôt Simon qui se chargeait de cette partie, moi mon truc c’est les vaches, les animaux de rente comme on dit. Lise ayant elle-même une passion pour les vaches ne le comprenait que trop bien mais se consacrer à ces animaux signifiait aussi exigence, rigueur et désintéressement. En outre, loin d’être ce qui rapportait le plus, cet aspect du métier dictait une charge énorme de travail avec des horaires impossibles, mais ce rapport particulier avec les bêtes et les éleveurs c’est aussi ce qu’aimait Simon et elle le comprenait. »

Extrait 5

« Ce pays, son pays, était peut être dur mais il était beau et tout y était vrai, c’est dans son austérité même qu’il trouvait sa puissance et qu’on pouvait s’y recueillir. Les rivières qui coulaient dans ses veines n’étaient pas des circuits artificiels pour amuser le touriste, elles irriguaient sa chair en lui donnant toute sa force. L’herbe n’était pas platement tondue pour y poser les fesses, c’était de la vraie herbe, maculée de bouse, parsemée d’insectes, soulevée par les taupinières, une herbe grasse et forte d’où montaient des odeurs puissantes, des odeurs de vie et d’éternité. Les maisons qui l’habitaient n’étaient pas de frêles bungalows standardisés, c’était des bâtiments nobles faits de basalte et de lauzes, trapus, solides, à demi enterrés pour mieux s’ancrer dans le sol et résister à l’écir glacial. »

Extrait 6

« Paulin tira sur la grosse fermeture zippée de sa salopette de travail et retira ses bottes lourdes de fumier et de terre grasse qu’il nettoya d’un coup de jet d’eau rapide en les laissant sécher sur le carrelage de l’étable, près de l’entrée de la cuisine. Lent, on disait de lui qu’il était lent, car il prenait toujours son temps pour parler, décider, choisir, mais on disait aussi qu’il était précis car tous ses gestes quotidiens reflétaient la minutie, la rigueur, le savoir faire ancestral et le bon sens paysan.

Paulin était un garçon tranquille voire taciturne, grand, solide, noueux, avec des yeux bleus d’un gris d’acier qui ouvraient une fenêtre sereine sur son visage long et cuivré par le grand air. Il aimait son métier, n‘aurait pu en concevoir un autre et lui avait sacrifié sans état d’âme ses désirs fugaces de voyage et sa passion des livres qu’il écumait toujours un peu cependant chaque nuit avant que la fatigue physique n’eut raison d’elle. Ce soir, un observateur attentif aurait retenu une lenteur supplémentaire dans ses gestes qui trahissait un émoi profond. Car Lison était revenue, et ce retour inéluctable lui faisait presque peur. La mort de Simon ayant brusquement tranché la sempiternelle question, elle n’aurait pas d’autre choix maintenant que de revenir pour s’occuper des siens. Mais, elle ne resterait pas ! Le maire l’avait bien précisé, tout en disant qu’il ne l’aurait pas reconnue, qu’elle était devenue une femme de la ville ressemblant aux couvertures glacées des magazines qu’on feuillette pour se distraire chez le coiffeur, une de ces créatures sans forme, pâle et maigre qui semblaient à la fois inaccessibles et irréelles, et Paulin comprenait très bien ce que le maire avait voulu dire, Lison n’appartenait plus à ce pays et il se demandait s’il avait même encore envie de la revoir ou de lui parler. »

Extrait 7

« Il avait les joues grises de barbe et un bonnet de laine enfoncé jusqu’aux oreilles, mais la barbe de Paulin n’était pas celle du look tendance de la barbe de trois jours, grand classique des tapis rouges hollywoodiens qui nécessitait un grand effort d’entretien pour donner un côté ténébreux. C’était plutôt la barbe négligée de quelqu’un qui ne pense à se raser qu’une fois par semaine et n’a rien à faire de son apparence. Le plus surprenant c’est qu’au lieu d’en être désolée, elle en était plutôt fière et admirait son côté rebelle aux diktats de la mode, elle lui lança un sourire charmeur mais, tout en lui recommandant de faire attention à sa conduite car les routes étaient glissantes, il avait déjà replongé ses mains pleines de cambouis dans la machine et ne la regardait même pas. »

Extrait 8

« - Si on nous voit rentrer ensemble dans cette cabane, on va jaser c’est sûr.

- T’inquiète pas, c’est déjà fait répliqua Paulin en souriant, ma mère n’arrête pas de me mettre en garde.

- Ah bon ? Dit Lise étonnée, et pourquoi ? Elle m’aimait bien avant ta mère.

- Oui, mais c’était avant, quand tu habitais dans la ferme de tes parents, que tu avais des hanches larges et que tu représentais les terres Bourdiol qui jouxtent les nôtres et ont une source captée ! Tandis que maintenant tu es une femme de la ville, qui est trop maigrichonne, qui va y retourner et qui ne doit surtout pas détourner son brave fils de ses projets matrimoniaux.

- Parce que tu as des projets matrimoniaux ? Questionna Lise d’une voix blanche.

- Pas moi, ma mère ! Et d’ailleurs, telle que je la connais, elle va passer les fêtes de fin d’année à vouloir me faire rencontrer des filles qui pourraient faire l’affaire.

- C’est archaïque, dit Lise en retirant ses pieds de la cuisinière, elle se sentait d’un coup complètement démoralisée.

- Que veux-tu ! Il faut bien perpétuer cette fière race des Allanche, dit Paulin ironique.

- Tu rigoles ?

- Même pas ! Sincèrement j’aimerais bien avoir des enfants, cette maison est d’une tristesse, tu ne trouve pas ?

Lise se garda de répondre, elle commençait à apprécier la ferme de Paulin et cette grande pièce à l’ancienne, malgré tout le bazar qui l’encombrait, mais c’est vrai qu’elle était étrangement silencieuse et que tout compte fait, il était bien trop seul pour gérer un tel domaine ».

Informations pratiques

Informations de contact: 

Ce roman, comme les précédents est publié par Les Editions du Bord du Lot : 10 bd Danton 47300 VILLENEUVE sur LOT Tel : 05 53 36 76 67

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