Les Justicières de Saint-Flour - Roman de Sylvie BARON

Les Justicières de Saint-Flour - Roman de Sylvie BARON
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9782352080886 LES JUSTICIÈRES DE SAINT-FLOUR - SYLVIE BARON 2012 268 pages 18€
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Rien ne les destinait à se rencontrer. Encore moins à se voir : Joséfa, la femme de ménage habitant un petit hameau du Cantal, simple, courageuse, obstinée, usée par des tâches répétitives, difficiles et précaires qui accaparent ses journées et Alice, l’urbaine, talentueuse architecte d’intérieur, intellectuelle, raffinée et discrète. Il faudra qu’un drame épouvantable les touche pareillement pour que chacune trouve dans son désespoir le chemin vers le monde de l’autre et son propre chemin.

La vie nous donne parfois des ressources insoupçonnées. Celles qui permettent ici à Joséfa et à Alice de construire un récit haletant dont rien ne pourra entraver le cours. Entre émotions et intrigue diabolique : un mystère dans le pays de Saint-Flour qui vous tiendra en haleine.

Les Justicières de Saint-Flour : Extraits

Comment pouvait-on vivre avec un tel chagrin ?

Presque un an déjà que tout avait basculé, les manchettes  des journaux tourbillonnaient toujours dans  sa  tête  « deux  lycéennes  fauchées  par  un chauffard »,  la  nouvelle  avait  fait  la  Une  de  La Montagne  plusieurs  jours  durant  et  ce  d’autant plus que le conducteur en fuite n’avait jamais été retrouvé. Kathleen, sa Kathleen, et la petite Lydia, dix-sept ans chacune, inséparables dans l’amitié comme  dans  la mort,  renversées  et écrasées par une voiture folle alors qu’elles attendaient leur car habituel, un soir de février à la sortie du lycée après le club- théâtre, ce qui expliquait l’heure tardive.

Elle aimait bien cette ville où ils étaient arrivés maintenant depuis huit ans, suite à une mutation de Denis. Pour autant, jusqu’ici, elle ne s’était guère sentie cantalienne.   Trop   citadine pour sillonner la campagne comme son mari ou ses enfants, elle s’était surtout repliée sur Saint-Flour, sur les activités culturelles et sportives de la ville, sans pousser trop loin ses excursions dans la campagne.

Elle admirait  les  paysages  mais  n’aurait  jamais eu l’idée  comme  eux d’escalader  un  barbelé  pour voir de près les vaches rousses, ne serait jamais rentrée  dans une ferme pour assister à un vêlage et n’aurait pas marché des heures durant pour trouver un champignon aussi bon soit-il. Leurs escapades l’amusaient mais elle préférait un bon livre ou une émission culturelle à toute cette agitation. Comme j’ai changé, se dit- elle en montant dans sa voiture, maintenant je n’aspire plus qu’à partir, à m’échapper pour retrouver les grands espaces. Elle s’était pris d’amour pour cette Planèze ployée et jaunie par le vent, survolée par les majestueux milans qui tournoyaient sans cesse, avec toujours en toile de fond le Plomb du Cantal, lourd et secret.

C’était étrange de voir ces deux silhouettes si dissemblables, agrippées l’une à l’autre, courbées par le vent, soudées par la même peine et le même désir de vengeance. La distance entre la ville basse et la ville haute était suffisamment importante pour que les deux femmes puissent se raconter en détails les derniers événements avant de rejoindre la maison chaude et accueillante d’Alice. Celle-ci en outre, n’était pas en reste de confidences et ses messages urgents sur le portable de Josépha avaient cette fois quelque raison d’être. Léo communiquait avec Jennifer, il l’avait revue le jour même à son retour de Paris et l’avait trouvée encore plus troublée que d’habitude.

Je l’aurai ton assassin !   lui promit-elle en sortant de la chambre d’un pas à nouveau ferme et d’un air décidé. Son instant de faiblesse était passé, elle redevenait la Josépha forte et sûre d’elle, avec qui on pouvait compter. Alice tourbillonnait dans la cuisine, lui proposant thé, céréales, jus de fruit, petit pain au lait, autant d’aliments improbables pour un vrai petit déjeuner d’après les critères de Josépha qui se contenta d’un café avec un large tranche du pain de la veille. L’amitié d’Alice était parfois bien fatigante, mais elle devait reconnaître que celle-ci avait assuré hier et n’avait plus rien à voir avec la femme pleureuse et hautaine du début de leur rencontre.  Sans elle, hier, que serait-je devenue ?

– Et voilà !  dit Josépha, en posant le chat par terre et en lui coupant des morceaux de lard dans une assiette, tu es contente maintenant ? C’est bien ce que tu voulais depuis le début n’est-ce pas ?

– Oui,   reconnut    Alice avec simplicité,   je ne voulais pas que tu sois seule, maintenant tu as des responsabilités !

– C’est justement ce que je craignais, dit Joséfa, mais elle se penchait sur le chat en souriant et Alice sut que la partie était gagnée.

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